Nos principes d’action

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Le paradoxe Autisme / Loisirs

Au-delà des principes et de l’intérêt incontestable des loisirs pour l’enfant, la spécificité du public avec autisme impose une réalité bien plus douloureuse. Pour l’enfant autiste, le temps informel, libre, qui est normalement dévolu aux activités récréatives, est paradoxalement le moins sécurisant, le moins ludique, éducatif, voire le plus enfermant dans son handicap.

En effet, l’autisme induit des centres d’intérêts restreints et stéréotypés, une difficulté particulière à faire des choix, prendre des initiatives, expérimenter de nouvelles activités et occuper ses temps libres de manière adaptée. Sur ces temps on constate souvent une recrudescence des comportements inadaptés voire problématiques. Pour l’enfant autiste, le temps de loisirs est un besoin fondamental qui doit faire l’objet d’un apprentissage spécifique étayé (adaptations, accompagnement).

Ces temps libres n’offrent donc pas de répit aux parents, car ils doivent souvent faire le choix impossible entre souffler et laisser leur enfant s’enfermer dans des comportements répétitifs, stéréotypés, de leur offrir une stimulation permettant l’éveil au monde au prix d’une présence et d’une implication de tous les instants. L’accueil dans des structures de loisirs paraît alors un moyen pertinent, voir indispensable pour rétablir un équilibre entre le besoin de répit des parents et le besoin d’activités récréatives et éducatives. Malheureusement, pour la famille, c’est souvent un véritable parcours du combattant pour trouver une solution viable d’accueil.

Les modalités d’intervention

Les interventions de l’association ALEPA suivent le guide de recommandation de bonne pratique éditée par la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Agence Nationale de l’Evaluation et de la qualité des établissements et Services sociaux et Médico-sociaux (ANESM). Texte de référence : ANESM « Recommandation de bonne pratique ».

Les principaux axes sont les suivants :

  • Associer l’enfant/l’adolescent et ses parents – porter attention à la fratrie
  • Évaluer régulièrement le développement de l’enfant/l’adolescent
  • Lier évaluations et élaboration du projet personnalisé
  • Intervenir précocement de manière globale et coordonnée
  • Encadrer les prescriptions médicamenteuses
  • Assurer la cohérence, continuité et complémentarité des interventions tout au long du parcours de l’enfant/l’adolescent

Les accompagnements s’inspirent également des approches d’éducation structurée et de communication préconisées pour la prise en charge des personnes avec autisme, TED/TSA (ABA, TEACCH, PECS…).  Ces inspirations entrainent la mise en place d’un accompagnement spécifique basé sur les principes suivants :

La structuration visuelle 

Le fonctionnement cérébral des personnes avec autisme, TED/TSA entraine la priorisation des informations par les canaux sensoriels et notamment la vue. Les supports visuels mis en place sont adaptés au niveau de développement de l’enfant/l’adolescent (objet, pictogramme, photo, mot). Ils permettent la structuration de l’espace, du temps, des activités, des consignes… assurant ainsi la lisibilité, la prévisibilité, la diminution des angoisses et encourageant l’autonomie.

Le recours aux renforçateurs

Les intérêts restreints sont un des domaines identifiés dans la triade autistique. S’appuyer sur les centres d’intérêts de l’enfant/l’adolescent encourage sa motivation et apporte du sens aux activités et aux apprentissages.

Le travail sur la généralisation 

Une des particularités de l’enfant/l’adolescent avec autisme, TED/TSA est la difficulté à transposer une compétence d’un lieu à l’autre, d’une personne à l’autre. Il est donc important de travailler dans des contextes divers pour s’assurer de l’acquisition des compétences.